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Europe > Portugal > António Zambujo
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 © Benjamin MiNiMuM
Portrait de: António Zambujo
Depuis la mort de la divine diva, des vagues de chanteuses aux prénoms en « A » nous ont fait découvrir Misia, Cristina (Branco), Katia (Guerreiro), Mariza, Mafalda (Arnauth), Ana (Moura) ou Amelia (Muge). L’heure est venue de nous familiariser avec un chanteur tout en « O » : Antonio Zambujo. Ce n’est pas le premier garçon à sortir de son pays en chantant le blues du Tage. Avant lui, Camané s’était largement fait applaudir dans le reste de l’Europe, mais son style brillant, quoique légèrement empesé, peinait un peu à conquérir d’autres publics que ses compatriotes. Ce qui frappe en écoutant Zambujo, c’est que sans chercher à s’imposer ni même à convaincre, il séduit immédiatement. Pour le situer, il est plus aisé de se référer à l’histoire de la chanson brésilienne qu’à celle du fado. Sa retenue sensuelle et sa formidable décontraction rythmique ont poussé Caetano Veloso à le comparer au créateur de la bossa nova, l’immense João Gilberto. Mais avant d’arriver à cette finesse expressive, l’enfant de Beja est passé par un chemin initiatique. Sa quête commence par le « Canto Alentejano » ce chant polyphonique d’accompagnement du travail, typique de sa région du sudouest portugais. En parallèle, il apprend la clarinette et s’initie donc au jazz. Il n’échappe pas non plus à l’ombre d’Amália, en croisant d’abord l’un de ses anciens compagnons de route, seigneur de la guitare portugaise : Mário Pacheco, qui remarque Antonio et le programme dans son illustre Clube do Fado au coeur du quartier de l’Alfama à Lisbonne. Ensuite, le chanteur est embarqué dans l’aventure Amália, une comédie musicale retraçant la vie de la chanteuse. Durant six années, il écume le moindre village du Portugal, quelques capitales européennes, parachevant ainsi sa formation de fadiste. L’étape suivante est la plus décisive, celle de la prise d’indépendance vis-à-vis de l’héritage. Il se met à écouter sa musique intérieure et réunit toutes ses inspirations. Dès son second album, il peaufine un registre subtil et en demie teinte où l’évocation prend le pas sur la description des sentiments. Avec son contrebassiste et arrangeur Ricardo Cruz, il dessine un son raffiné qui se précise encore plus avec le disque suivant Outro sentido (2007), accueilli avec chaleur en France tant par la critique que par le public. Sur scène comme sur disque, qu’il chante des compositions originales ou des classiques, Antonio Zambujo pèse chaque vers et le colore de façon unique, au filtre d'une voix qui sait réveiller l'esprit des anges endormis à la lisière du silence et du bruit.
Benjamin MiNiMuM
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ANTONIO ZAMBUJO
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